[Design]

Posted By Myriam / 17 février 2016 / 0 Commentaires

Le mot design est à la mode.

Pourquoi designe-t-on tout aujourd’hui ? Florence Foresti qui capte les tendances comme personne se moque dans son dernier spectacle de la maman qui est « designer » de vêtements pour enfants « ah ouais, elle est couturière quoi ». On se forme au design thinking et on fait du design de services, on réfléchit au design des organisations. Alors, mode superficielle ou tendance de fond ?

Et bien je crois à fond au design ! Après un MOOC sur la pensée design j’ai retenu, en plus d’éléments méthodologiques pour accompagner un processus de design de services, que design signifiait à la fois « dessin » et « dessein ». C’est un mot qui évoque donc à la fois l’intention derrière l’objet étudié et sa forme. Faire du design c’est trouver la meilleure forme possible au service d’une intention qui peut être :

  • de remplir une fonction pratique (par exemple m’aider à boire si je parle d’un verre, j’ai soif donc c’est la première idée qui m’est venue)
  • de susciter une émotion (plaisir de toucher ce verre, le regarder, l’associer à telle ou telle boisson pour sublimer l’expérience…)
  • de remplir une fonction statutaire (là je cale mais j’imagine qu’il est de bon ton d’avoir des verres en cristal dans certaines circonstances)
  • de façon plus large de satisfaire des besoins ou des désirs

Si j’en reviens au sujet qui m’occupe en ce moment que je nommerais le design des organisations, je le définirais comme l’art d’ajuster le dessin et le dessein de l’organisation : que son fonctionnement (classiquement réduit au dessin d’un organigramme) colle à sa mission.

C’est pourquoi je trouve important de dissocier intellectuellement les moyens et les fins. Souvent l’agilité, autre « mode » essentielle du moment, est traitée comme une fin en soi. Les formes évolutives que permet l’agilité ne peuvent se générer que lorsque la mission de l’entreprise est elle-même évolutive, que lorsque ses acteurs sont prêts et trouvent un sens dans ce mouvement perpétuel et cet équilibre instable.

Si je ne travaille que la forme, l’énergie déployée (temps, argent, arguments…) n’aboutira pas à un résultat satisfaisant sauf à ce que ce soit le point de départ à un travail plus existentiel où les acteurs du projet acceptent, ensemble, les remises en question et l’inconfort.

Je suis très sensible au travail du collectif « oui share » et un de leurs articles déclarait hier la mort de l’économie collaborative. Je crois plutôt que c’est la mort des mots fourre-tout où l’on amalgame une façon de faire et une façon de voir. Apprenons à regarder et vous nous y aidez :

http://magazine.ouishare.net/fr/2016/02/leconomie-collaborative-cest-fini/

Le collaboratif n’est pas mort mais il n’est qu’un moyen, un dessin dans une époque perturbée où nos peurs nous freinent pour identifier nos desseins et où nous reproduisons donc des schémas simplistes. Nous préférons parfois (souvent ?) le prêt à penser et les méthodes bien emballées plutôt que d’apprendre à « problématiser » autrement pour créer des solutions nouvelles.

Alors si nous avons vocation à devenir tous des designers, allons y vraiment ! Un papier, un crayon, une gomme ou leurs versions numériques, des débats sans peur que ça fasse des vagues. Plongeons vraiment dans cette tendance plutôt que de l’ajouter à la liste des bouquins (numériques ou non) que nous collectionnons sur l’étagère Management.

myriam

Recherche et conseil en design des organisations

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