[Ecole]

Posted By Myriam / 6 décembre 2016 / 0 Commentaires

Aujourd’hui à 11h le classement PISA qui organise la grande compétition internationale de la qualité des enseignements devrait une fois de plus nous décerner un bonnet d’âne.

Selon les commentaires que j’écoutais dans une émission de radio, les élèves français auraient plus de mal que les autres à transposer leur savoir hors de la méthode qui leur a été enseignée, à faire du lien entre l’apprentissage reçu et le monde qui les entoure.

Cela me touche car j’ai le sentiment que nous conservons cette problématique tout au long de notre vie. Nous opposons la théorie et la pratique comme deux univers inconciliables. Une amie, sortant d’une formation pour adulte dans son environnement professionnel me disait « ce qu’on a appris est super, vraiment, mais dans les faits on ne peut pas travailler comme ça ». On continue à tout âge à opposer l’école à la « vraie » vie.

Il semblerait que ce soit aussi un outil à la mode en période pré-électorale que d’opposer ceux qui pensent, ci-après dénommés les intellectuels, et ceux qui triment (et dont on veut obtenir les votes) que nous nommerons les vrais gens dans la vraie vie.

Et si il s’agissait justement d’une incapacité à penser le lien ? Il semblerait que nous n’apprenions qu’à opposer les choses (théorie/pratique, juste/faux, intellectuels/vrais gens…) alors que plus que jamais nous devons apprendre à gérer des interactions chaque jour plus complexes. Même lorsque des réformes dans l’éducation semblent aller vers plus de transdisciplinarité, donc de lien, cela semble artificiel et non connecté à un réel changement dans notre manière de penser et appréhender le monde qui nous entoure.

Je travaille dans le domaine de la formation pour adultes et tout le monde me demande des outils, des méthodes (de management, de gestion du temps, de gestion des conflits…). Mon combat quotidien consiste à transmettre l’esprit des outils, le paradigme qui sous-tend la méthode. En effet chaque outil n’est que le résultat d’un regard particulier, d’une façon de poser le problème et d’envisager ce qui serait une bonne solution. J’ai confiance dans la capacité de l’humain en bonne santé à fabriquer l’outil dont il aura besoin après une analyse de sa problématique et de son environnement. Je déplore la maladie fortement contagieuse qui consiste à croire qu’il existe des outils qui résolvent tous les problèmes et qu’on devrait pouvoir acquérir vite, quitte à payer cher. Toutefois cette voie est semée d’embûches et périlleuse : elle demande de se poser (pas le temps), de se sentir partie prenante dans le problème (pas ma faute), de faire autrement (pas possible).

Alors je soutiens de toutes mes forces tous ceux qui agissent au quotidien pour que nos enfants se sentent partie intégrante et acteurs du monde qui les entoure. Pour que dès leur plus jeune âges ils apprennent à penser la complexité et les interactions afin de devenir acteurs du changement plutôt que de choisir leur camp dans la pensée simpliste et binaire que nous leur offrons.

myriam

Recherche et conseil en design des organisations

Articles en rapport

Pas de commentaires

Pas de commentaires

Répondre

Votre email n'estamais publié ou partagé. Les champs requis sonr marqués *