Le Soi et l’Autre

Posted By Myriam / 22 juillet 2014 / 0 Commentaires

 

Cet après-midi, je me suis rendu compte que Weight Watchers – et les sociétés d’amaigrissement, les livres de régime, les stars de l’amincissement et tous les cultes de la minceur en général – recouvre des choses si profondes qu’elles en sont presque inconcevables. Tout cela ouvre sur une vision de l’univers avec laquelle je suis en parfait accord. (…) Le yin et le yang. Le Soi et l’Autre. Le postulat descriptif de Weight Watchers est le fait indéniable que pour chacun de nous l’univers est scindé de façon profonde, aiguë et totale entre, par exemple dans mon cas, moi, d’un côté, et tout le reste, de l’autre. C’est une définition exhaustive de l’univers pour chacun de nous. L’univers entier. Soi et l’Autre. (…) non seulement chacun de nos univers est ainsi fait, mais nous sommes aussi par nature et sans exception conscients de cette division de l’univers entre Soi, d’un côté, et l’Autre, de l’autre. Une division exhaustive. Qui fait partie de notre conscience. Et leur postulat prescriptif est le fait tout aussi vrai et évident que nous sommes tous enclins à désirer que notre univers soit aussi plein que possible, que l’horreur ultime est un univers personnel qui résonne dans le vide, dans lequel on se retrouve avec Soi, d’un côté, et d’immenses étendues solitaires qui maintiennent les Autres à distance, de l’autre. Un univers non plein. La solitude. Weight Watchers se voit comme le héraut du combat contre la solitude. N’est-ce pas noble ? (…) Maintenant Weight Watchers perçoit le problème comme le besoin de s’entourer du maximum d’Autre, d’établir une relation d’un Soi minimal à un Autre maximal. C’est une manière efficace d’envisager le problème mais ce n’est, je l’ai constaté cet après-midi, certainement pas la seule. Est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Un univers plein. Nous avons tous besoin d’un univers plein. Weight Watchers et leurs alliés voudraient que nous diminuions systématiquement le Soi dans notre univers, afin que le grand Autre soit physiquement attiré par le Soi désormais physiquement plus attractif et qu’il accoure pour combler le manque créé par la diminution du Soi. Une idée valable, certes, mais qui ne recouvre que la moitié des solutions efficaces au problème de la plénitude de l’univers. Est-ce que vous voyez mieux où je veux en venir ? (…) Un univers plein et autonome. Plutôt que de diminuer le Soi pour inciter l’Autre à remplir notre univers, nous pouvons aussi choisir de remplir l’univers avec le soi. J’ai prévu de m’étendre jusqu’à l’infini.

« La fonction du balai » de David Foster Wallace

Dans cet extrait la réaction créative… et flippante d’un homme qui s’est fait larguer par sa femme qui le trouvait trop gros.

myriam

Recherche et conseil en design des organisations

Articles en rapport

Pas de commentaires

Comments are not allowed