l’entreprise humaine

Posted By Myriam / 10 novembre 2016 / 0 Commentaires

Si nous considérons dans un premier temps l’entreprise dans sa définition classique, c’est, selon le Larousse, l’action d’entreprendre, de commencer une action. Cela définit aussi ce que l’on entreprend.

A ce titre, l’entreprise humaine, liée à notre condition, consiste à construire du « nous » puisque nous sommes interdépendants par essence. Nous sommes donc condamnés à construire du « nous », à nous engager perpetuellement dans des formes relationnelles (au travail, à la maison, dehors, comme client, comme fournisseur…). Il nous reste donc deux choix :

  • vivre cette interdépendance comme un enfer, un asservissement, une perte de liberté insupportable
  • ou en faire un art, trouver un sens et une esthétique propre à tous ces « nous » que nous construisons, détruisons, gérons au quotidien.

Chaque action, chaque entreprise humaine, à titre individuel ou collectif, vise à construire et gérer du nous.

Alors que cet art de vivre inhérent à notre condition devrait mériter toute notre inventivité et notre soin, nous sommes très souvent engoncés dans des formes relationnelles figées et peu créatives qui sont d’ailleurs toutes en crise aujourd’hui.

Le modèle familial est remis en question et de nouvelles formes osent aujourd’hui se montrer (mariage pour tous, homo-parentalité, gestation pour autrui…), mais la nouveauté n’émerge pas dans l’accueil ouvert et la discussion sereine. Le format de l’école, ce « nous » qui relie enfants-professeurs-parents dans une intention éducative génère un niveau de souffrance jamais connu jusqu’ici pour tous ses acteurs/bénéficiaires. Le « nous » patrie et sa gouvernance en arrive à des extrémités et des extrêmes à force de ne plus savoir se réinventer et déployer toute son énergie à maintenir le statu-quo profitable à une minorité.

Les exemples de « nous » en crise sont légion et pendant que ces grands arbres fondateurs des images d’Epinal qui ont bercé notre jeunesse tombent lourdement et notre moral avec eux, une forêt de nouveaux « nous » pousse. La plupart du temps, elle pousse sans bruit, tout au plus quelques articles intéressés par ces étrangetés anecdotiques apportent ci et là une musique nouvelle. Oh regardez comme c’est mignon tous ces espaces de coworking où des jeunes branchés travaillent ensemble, mais que ce couple homosexuel est mignon et leur fils a l’air super épanoui. Mais si nous commençons à envisager ces « nouveaux nous » comme potentiellement de nouveaux modèles la musique se fait moins douce et les passions se déchaînent.

Pourtant la question n’est pas tant d’arbitrer entre des modèles nouveaux et anciens que de revenir à l’intention qui sous-tend chacun des nous que nous avons à soigner et chérir à tous les niveaux. Intéressons-nous moins au formes qu’à leur vocation et développons notre capacité à ajuster ces formes afin que leurs rigidités blessent moins d’humains qu’elles ne le font aujourd’hui. Devenons de vrais entrepreneurs de cette magnifique entreprise humaine qui vise à créer de la valeur par les liens, pour retrouver « plaisir d’offrir et joie de recevoir », plutôt que « dans ta face ».

Pour finir, voici le nouveau « nous » du jour que j’ai trouvé réjouissant au lendemain des résultats des élections aux USA, découvrez Julien Letailleur, candidat surprise de nos élections en France : http://www.rtl.fr/actu/politique/qui-est-julien-letailleur-le-candidat-virtuel-a-l-election-presidentielle-7785161006

myriam

Recherche et conseil en design des organisations

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